Sur
le circuit, on le surnomme "papy Pogo"
A 53 ans, Michel Mirabel a quelques minis-transats dans les pattes. La dernière
en date, c'est celle de 2003, qu'il n'a malheureusement pas terminé pour
cause d'échouage quelques milles avant l'arrivée. Malgré
ce malencontreux incident, le quinquagénaire a encore de quoi inquiéter
les jeunes et fines barres du circuit. Avec deux places de second en 95 puis
en 97 et une victoire lors de la Transquadrasolo de 1999, le skipper de Gwalarn
a étalé les milles en bateau de série.
C'est à Paris, que ce " marin d'eau douce ", débute
la voile sur le tard, à 35 ans. Michel aiguise son esprit de compétition
en faisant ses premières armes sur des "micros", des navires
de régate de moins de six mètres. Quelques années après,
il succombe à l'appel du large et des embruns.
" Un ami m'avait emmené sur son bateau et me parlait de la Mini-transat.
Je trouvais ça fou de traverser l'Atlantique sur un bateau de 6 mètre
50 !", se souvient-il.
Quand en 1993, le régatier assiste au départ de la Mini-transat,
les conditions météorolgiques sont mauvaises et le comité
de course renonce à faire partir les coureurs en solitaire. Michel Mirabel
embarque alors avec l'un des participants pour une première étape
en double. Cap sur Madère.
Conquis, le navigateur s'aligne deux ans plus tard sur la course transatlantique.
Nouveaux
horizons
Aujourd'hui, le marin de Locquimélic a de nouveaux projets en tête.
Il travaille à la création d'un véritable circuit pour
des bateaux de 40 pieds (environ 12 mètres).
" L'idée est de créer un niveau intermédiaire entre
le mini et le 60 Pieds Open (Ndr : les bateaux du Vendée Globe), ce dernier
étant réservé à une élite ", explique
le marin qui se fait actuellement construire un Pogo 40 au chantier Structures
dans le Finistère sud. Si les organisations de course le permettent,
il pourrait participer à la Route du Rhum ou à la Transat anglaise.
Créée par un groupe de régatiers, d'architectes et de constructeurs
réunis en association, la jauge de la classe 40 doit permettre à
des coureurs de participer à des courses au large en temps réel
pour un budget raisonnable. " Nous espérons que le prix du bateau
ne dépassera pas 150.000 euros. C'est le prix approximatif du plus cher
des prototypes de 6 m 50 ", précise Michel Mirabel.
Pour diminuer les coûts, l'utilisation du carbone dans la coque ou les
voiles high-tech ont été interdites.
"Papy Pogo" va t-il alors troquer le 6-50 contre un 40 pieds ? Son
Pogo 2 n'est pas à vendre. Mais sélectionné d'office pour
la Mini-transat 2005, Michel Mirabel ne sait pas encore s'il présentera
Gwalarn sur la ligne de départ.